22 juin 2009

Les jugements de la Prévôté de l'Hôtel


Pour compléter notre article précédent, voici quelques précisions sur la Prévôté de l'Hôtel du Roi. Cette juridiction était chargée de la surveillance des maisons et des jardins royaux. Elle avait à sa tête le prévôt de l'Hôtel du roi ou grand prévôt (les deux charges ont fusionné en 1578), qui était chargé de la sécurité et de la police de la Cour. Il était assisté, pour la police, d'une compagnie militaire, les gardes de la prévôté de l'Hôtel et, pour les affaires judiciaires, de maîtres des requêtes de l'hôtel, de deux lieutenants généraux, d'un procureur du roi, d'un greffier en chef, de notaires, d'huissiers et de procureurs. Cette institution disposait de deux sièges, l'un à Paris, au Louvre, et l'autre à Versailles. Le bourreau de Versailles était aussi l'exécuteur de la prévôté.
En parcourant les archives, on peut mesurer combien les jugements de la Prévôté de l'Hôtel, qui étaient sans appel, étaient d'une grande sévérité à l'égard de tous délits commis au château de Versailles. Quelques exemples :
28 novembre 1752 : Jugement souverain rendu en la Prévôté de l'Hôtel du Roi qui condamne Jean-Baptiste Guillot, compagnon maçon, et Jacques Dubuisson, manœuvre, à être pendus dans la principale place du marché de Versailles pour avoir volé du plomb dans le parc de Sa Majesté. Les deux condamnés ont été exécutés le 2 décembre 1752; (1)
5 décembre 1752 : Jugement de la même juridiction qui condamne Jacques Chatelar, frotteur, à être pendu dans la principale place du marché de la ville de Versailles pour avoir fait différents vols dans le château de Sa Majesté à Versailles. Le condamné a été exécuté le 7 décembre 1752. (2)
5 décembre 1752 : Jugement de la même juridiction qui condamne Antoine Chersat dit lechat, chaudronnier, et Marguerite Chenu, sa femme, à être pendus et étranglés dans la principale place du marché de Versailles pour avoir recelé et acheté les plombs volés dans le parc de Sa Majesté à Versailles. Les condamnés ont été exécutés le 9 décembre 1752. (3)
Cinq exécutions en une semaine, le bourreau de Versailles était loin d'être inactif.
2 mars 1757 : Jugement de la même juridiction qui condamne Pierre Viervalle dit Lapierre, domestique, à être pendu dans la principale place du marché de Versailles pour avoir fait différents vols dans la garde-robe du roi à Versailles. Le condamné a été exécuté le 2 mars 1757. (4)

(1) Archives Nationales, AD III 8, pièce 55.
(2) idem, pièce 56.
(3) idem, pièce 57.
(4) idem, pièce 231.


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